Le niveau d’anglais attendu à chaque année scolaire en France suit le cadre européen commun de référence (CECRL) :
- A1 visé en fin de CM2,
- A2 en fin de 3e (B1 désormais visé en LVA depuis la rentrée 2025)
- B2 en fin de terminale pour la langue vivante A.
Ce référentiel officiel, fixé par les programmes du ministère de l’Éducation nationale et publié au bulletin officiel, encadre le parcours de votre enfant du primaire au baccalauréat. Pourtant, les évaluations de la DEPP montrent qu’un élève de 3e sur deux n’atteint pas le A2 en compréhension écrite, et les attendus réels divergent souvent du niveau affiché dans les bulletins.
Ce guide vous donne le tableau complet année par année, ce que votre enfant doit savoir faire à chaque palier (compréhension orale, compréhension écrite, expression orale et écrite), et les seuils où agir avant qu’un retard ne devienne difficile à rattraper. Vous repartirez avec une grille d’auto-évaluation utilisable à la maison et une lecture claire des exigences post-bac, de Parcoursup aux écoles à concours.
Le tableau de synthèse : niveau d’anglais attendu par année scolaire
La progression officielle est la suivante : A1 en fin de primaire, A2 au collège, B1 comme objectif en fin de 3e, puis B2 en fin de terminale. Ce tableau permet de situer rapidement votre enfant selon son année scolaire.
| Année scolaire | Niveau CECRL attendu (officiel) | Niveau réel observé | Ce que l’enfant sait faire |
| CM2 | A1 (introductif ou de découverte) | 56 % atteignent A1 à l’oral, 53 % à l’écrit (CEDRE 2022) | Se présenter, comprendre des consignes simples, reconnaître des mots familiers |
| 6e | A1 consolidé | Continuité du primaire | Décrire son environnement immédiat, poser des questions de base |
| 5e | A1 maîtrisé, transition A2 | Hétérogénéité forte | Raconter une routine, comprendre un dialogue court et lent |
| 4e | A2 (niveau intermédiaire de survie) | Variable selon collège | Comprendre des récits courts, parler au passé, écrire un email simple |
| 3e | A2 (LV1), B1 visé en LVA depuis 2025 | 49,5 % atteignent A2, 20 % atteignent B1+ (Ev@lang 2022) | Tenir une conversation courante, lire un article court, donner son opinion |
| Seconde | B1 consolidé | Hétérogène selon filière | Comprendre un film en VO sous-titrée, débattre, écrire une argumentation courte |
| Première | B1 maîtrisé, montée vers B2 | Spécialité LLCER : B2 visé | Suivre un débat radio, rédiger une dissertation, comprendre la presse |
| Terminale (LVA) | B2 (utilisateur indépendant avancé) | Hétérogène selon filières | S’exprimer avec aisance, comprendre des textes complexes, soutenir un point de vue |
| Terminale (LVB) | B1 attendu | Variable | Maîtrise correcte d’une situation quotidienne, compréhension de l’essentiel |
Le point important n’est pas seulement le niveau officiel. C’est l’écart entre ce qui est attendu et ce que les élèves maîtrisent réellement.
Si votre enfant est au niveau attendu, il est souvent déjà dans la partie solide de sa génération. S’il est en dessous, il vaut mieux le repérer tôt : en anglais, les retards s’accumulent vite parce que chaque nouveau palier suppose que le précédent soit acquis.
Comprendre les niveaux CECRL en une minute (A1, A2, B1, B2)
Le CECRL classe les compétences en langue de A1 à C2. Pour la scolarité française, les niveaux les plus importants sont A1, A2, B1 et B2.
A1 : débutant capable de survivre dans des situations très simples.
Votre enfant peut se présenter, dire son âge, parler de ses goûts, comprendre une consigne courte et utiliser des phrases très simples. Il peut commander quelque chose dans un contexte prévisible, mais il ne suit pas une vraie conversation entre anglophones.
A2 : utilisateur élémentaire plus autonome.
Il comprend des phrases sur la famille, l’école, les achats ou les loisirs. Il peut raconter une journée, écrire un court message, comprendre l’essentiel d’un dessin animé ou d’un dialogue lent sur un sujet familier.
B1 : utilisateur indépendant.
Il peut se débrouiller en voyage, raconter un événement, donner son opinion, suivre une série en VO sous-titrée en anglais, lire un article adapté et échanger avec un correspondant sur des sujets connus.
B2 : utilisateur indépendant avancé.
Il comprend des contenus plus longs et plus complexes, défend un point de vue, rédige une argumentation structurée et peut suivre une grande partie de contenus authentiques : films, podcasts, articles de presse, débats accessibles.
Au-dessus, les niveaux C1 et C2 relèvent d’un usage avancé, académique ou professionnel. Ils ne sont pas attendus dans le parcours scolaire général. Apprendre l’anglais prend du temps, et atteindre ces paliers passe par une pratique soutenue de la langue.
Note dans le bulletin ≠ niveau CECRL : ce que les bulletins ne disent pas
Un 16/20 en anglais en 4e ne garantit pas que votre enfant a atteint le niveau A2. Cette confusion fréquente est un angle mort du système d’évaluation français : la note évalue la performance de l’élève par rapport à sa classe et au programme du moment, pas son niveau réel sur l’échelle européenne.
Deux élèves ayant 14/20 dans deux collèges différents peuvent être à un palier d’écart sur le CECRL. La note dépend de la difficulté des contrôles, du barème du professeur et du niveau moyen de la classe, trois variables que le bulletin ne précise jamais.
Cette divergence explique le malaise de beaucoup de parents au moment d’Ev@lang en 3e : un enfant régulièrement noté entre 14 et 16 sur l’année en LV1 anglais peut révéler un niveau A1 (donc en dessous de l’attendu) lors du test certifiant. La raison tient à la nature des évaluations en classe, qui mesurent surtout la mémorisation de leçons et de listes de vocabulaire, alors qu’Ev@lang teste les quatre compétences réelles : compréhension orale, compréhension écrite, lexique en contexte et grammaire en situation.
Conseil d’expert Lors du prochain rendez-vous parents-professeurs, posez trois questions précises au professeur d’anglais :
- À quel niveau CECRL situeriez-vous mon enfant en compréhension orale aujourd’hui ?
- Où se situe-t-il en expression écrite par rapport au niveau attendu en fin d’année ?
- Sur quelle compétence parmi les quatre est-il le plus fragile ?
Ces questions repositionnent l’échange du registre des notes vers celui du niveau réel.
Comment évaluer le niveau d’anglais réel de votre enfant à la maison ?
Vous pouvez faire une auto-évaluation du niveau de votre enfant, ou simplement lui faire passer un test de niveau gratuit.
Les ressources sont nombreuses sur le sujet des niveaux d’anglais. Le Cercle des Langues, un des organismes de formation principaux en France, propose un écosystème de contenus gratuits et complets sur le sujet des niveaux d’anglais : guides, grilles d’auto-évaluation ,de nombreux tests de niveaux et des ressources pour progresser. Accédez au guide des niveaux d’anglais du Cercle des Langues.
D’autres ressources gratuites permettent un test rapide à la maison : le test de positionnement gratuit du British Council et l’évaluation initiale de Cambridge English. Toutes deux donnent également un résultat sur l’échelle CECRL.
Niveau d’anglais attendu en primaire (CP au CM2) : les fondations
Concrètement, en fin de CM2, votre enfant doit savoir se présenter (nom, âge, famille), nommer les couleurs et les nombres jusqu’à 100, comprendre des consignes courtes en classe, lire à voix haute une comptine ou un dialogue simple, et écrire quelques phrases sur sa routine.
Du côté de la compréhension orale, il doit reconnaître l’essentiel d’une histoire courte lue lentement et comprendre une chanson ou une vidéo pédagogique adaptée à son âge. Les supports utilisés en classe (chansons, jeux, dialogues répétés) construisent une base auditive et lexicale, mais l’exposition reste limitée à 80h sur l’année scolaire, soit moins de 2 % du temps d’éveil d’un enfant.
Conseil d’expert Trois signaux d’alerte en fin de CM2 méritent d’agir avant la 6e : votre enfant ne comprend pas une consigne simple en anglais (“open your book”, “stand up”), il ne sait pas dire son âge ou nommer les jours de la semaine, ou il refuse systématiquement de prononcer un mot d’anglais à voix haute. Dans ces trois cas, un soutien estival ciblé (stage, immersion courte, app structurée) est plus efficace en juillet qu’une remédiation tardive en cours de 6e.
Le passage CM2 → 6e constitue le premier seuil critique du parcours. Un enfant qui démarre la 6e avec A1 acquis suit la classe sereinement et peut viser A2 dès la 5e. À l’inverse, un enfant qui démarre en dessous de A1 cumule frustration et retard, dans une matière où la confiance orale conditionne lourdement la progression.
Niveau d’anglais attendu au collège (6e à 3e) : la consolidation A1 vers A2 puis B1
Le cycle 4 du collège (5e, 4e, 3e) doit conduire l’élève d’A1 consolidé à A2 (LV1) ou B1 (LVA depuis 2025). Cette progression sur quatre années couvre le passage de l’utilisateur élémentaire à l’utilisateur indépendant, soit le saut le plus structurant du cursus. Le volume horaire est de 3 à 4h par semaine, selon les établissements et la présence éventuelle d’une classe bilangue ou d’une section européenne.
6e et 5e : l’objectif A1 consolidé
En fin de 5e, votre enfant doit consolider le A1 en gagnant en autonomie sur les quatre compétences. Il sait se présenter en détail, parler de sa famille et de ses goûts en plusieurs phrases connectées, comprendre des consignes complexes en classe, lire des textes courts (3-4 paragraphes simples), écrire un email à un correspondant. Côté compréhension orale, il suit un dialogue lent entre deux locuteurs et identifie les informations clés.
La 5e introduit le passé simple en grammaire et élargit le vocabulaire de la vie quotidienne (vêtements, sports, voyages). C’est aussi l’année où les écarts entre élèves se creusent : ceux qui ont validé A1 en CM2 progressent vers A2, ceux qui ne l’ont pas validé peinent à suivre le programme.
4e : passage à A2, l’utilisateur élémentaire avancé
La 4e marque le basculement vers A2 pour la majorité des élèves en LV1. Votre enfant comprend des récits courts au passé, raconte une expérience personnelle (vacances, événement marquant), écrit un texte structuré de 100-150 mots et participe à un dialogue de 3-4 minutes sur un sujet familier. Il maîtrise les temps du passé et commence à utiliser le futur.
C’est aussi l’année où apparaissent les premiers documents authentiques : extraits de séries, articles courts de Time for Kids, chansons étudiées intégralement. Cette exposition élargie au lexique et aux accents (britannique, américain, australien) construit l’oreille pour le palier suivant.
3e : le brevet, l’Ev@lang et le seuil A2 vers B1
La 3e fixe deux échéances : le diplôme national du brevet, qui valide les compétences langagières au niveau A2 attendu, et le test Ev@lang en mai, généralisé depuis 2022 à environ 800 000 élèves par session. Le programme officiel de 2025 hausse la barre pour la LVA, qui doit désormais viser B1 en fin de 3e. Cette élévation des attendus s’inscrit dans la mise en œuvre progressive du nouveau cadre, à compter de la session 2025.
Niveau d’anglais attendu au lycée (seconde à terminale) : objectif B2
Le lycée vise B2 en LVA et B1 en LVB en fin de cycle terminal, selon les programmes officiels d’enseignement scolaire des langues vivantes. Cette progression de B1 à B2 sur trois ans représente environ 200 heures d’apprentissage guidé selon le référentiel Cambridge, soit l’équivalent du temps d’enseignement scolaire de toute la seconde et la première combinées.
Seconde : consolider B1, viser B2
La seconde joue un rôle de consolidation et de remise à niveau. Votre enfant doit y stabiliser le B1 (s’il l’avait déjà atteint en 3e) ou le construire (s’il en sortait à A2). Il apprend à comprendre un film en VO sous-titrée, à lire un article de presse adapté, à écrire une argumentation de 200 mots, à débattre sur un thème de société. Les enseignements de spécialité ne sont pas encore choisis, mais la seconde général et technologique offre la possibilité d’une section européenne en anglais (DNL, discipline non linguistique enseignée en anglais), qui apporte 1 à 2 heures hebdomadaires supplémentaires.
Première : préparation à l’épreuve écrite et orale d’anglais
La première installe la spécificité disciplinaire : compréhension de documents authentiques (articles de presse, extraits littéraires, vidéos de presscorner ou de chaînes natives), expression écrite structurée selon les codes de la dissertation anglaise, expression orale en continu sur des notions étudiées (axes culturels, sujets de société). C’est l’année où l’élève qui prend la spécialité LLCER (Langues, Littératures et Cultures Étrangères et Régionales) peut viser B2 dès la fin de l’année.
Terminale et bac : B2 visé en LVA, A2 ou B1 en LVB
La terminale doit conduire votre enfant à B2 en LVA et à B1 en LVB pour le bac général. Concrètement, il s’agit de comprendre un texte complexe sans dictionnaire, de soutenir un point de vue argumenté à l’oral pendant 5 à 10 minutes, de rédiger une dissertation structurée de 300 mots, de comprendre l’essentiel d’un débat à la radio ou d’un journal télévisé. C’est le niveau qui ouvre la porte à un échange universitaire à l’étranger sans cours de remise à niveau préalable.
Le niveau d’anglais attendu pour Parcoursup, les prépas et les grandes écoles
Au-delà du bac, le niveau d’anglais devient un critère de sélection et un facteur de différenciation. Les filières post-bac sélectives attendent un niveau B2 réel et certifié, et certaines écoles exigent le C1 en cours de cursus. La France se classe 49e sur 116 pays et 33e sur 35 en Europe selon l’EF English Proficiency Index 2024, avec un score de 524 et une quatrième année consécutive de baisse, ce qui transforme un bon niveau d’anglais en avantage compétitif réel pour les candidats.
Classes préparatoires littéraires (hypokhâgne, khâgne). L’anglais est une matière à fort coefficient au concours de l’ENS (LSH et Ulm). Niveau attendu : B2 confirmé pour démarrer, C1 visé en deuxième année. Les épreuves comportent thème, version, commentaire de texte et oral, qui exigent une maîtrise fine du registre académique et de la culture des pays anglophones (Royaume-Uni, États-Unis, monde anglo-saxon élargi).
Classes préparatoires scientifiques (MPSI, PCSI, BCPST). L’anglais figure dans toutes les banques de concours (Mines-Ponts, Centrale-Supélec, CCINP, X-ENS, Agro-Véto). Niveau attendu : B2 minimum à l’entrée, B2-C1 à la sortie. Les épreuves portent sur un texte de presse scientifique ou de société, avec questions de compréhension, expression écrite et oral.
Écoles de commerce post-bac et post-prépa. Toutes exigent un test certifiant : TOEIC (visé 800-900), IELTS (6,5-7,5), Cambridge Advanced ou Linguaskill. La validation du diplôme est conditionnée à l’atteinte d’un score minimum, généralement équivalent au B2. Les programmes en double diplôme avec une université anglophone exigent le C1.
Écoles d’ingénieurs. La CTI (Commission des Titres d’Ingénieur) impose le niveau B2 attesté pour la délivrance du diplôme. Concrètement, vos enfants devront passer le TOEIC ou Linguaskill avant la sortie d’école, avec un score minimum (785 au TOEIC dans la plupart des grandes écoles).
Universités. Les licences générales attendent B1-B2, les masters sélectifs (notamment en gestion, droit international, sciences politiques) demandent souvent B2 confirmé voire C1. Les doubles diplômes internationaux exigent systématiquement un test officiel récent.
Que faire si votre enfant est en retard ? Les leviers possibles.
À quel moment de l’année un séjour linguistique a le plus d’impact ?
Le moment optimal dépend du seuil visé. Pour consolider en cours d’année, les vacances de Toussaint (1 semaine) et de Pâques (2 semaines) offrent une remise à niveau ciblée avant un examen interne ou Ev@lang. Pour franchir un palier, l’été reste la fenêtre la plus efficace : 3 semaines minimum permettent une réelle bascule (60 à 80 heures d’exposition), 4 à 6 semaines installent une montée durable. Pour les ados motivés, les vacances de Noël (10 jours) en immersion familiale produisent un effet d’entraînement avant la dernière partie de l’année scolaire.
L’équivalence en heures Cambridge donne un repère réaliste : un séjour de 3 semaines en immersion intensive représente environ un quart de l’effort total nécessaire pour franchir un palier. Combiné à une pratique régulière l’année suivante (séries en VO, app de répétition espacée 15 min/jour, cours au collège), il suffit souvent à enclencher le passage A2 vers B1.
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